Critique : Monarque – Lys Noir (2013) MonarqueLys Noir
Tracklist:
  1. L'Appel de la Nuit
  2. Vigor Mortis
  3. La Quintessence du Mal
  4. Solitude
  5. Mes Condoléances
  6. Au Seuil Des Ténèbres (Frozen Shadows Cover)
  7. Comme les Vers; Sous la Bannière du Lys Noir

Details


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Date : 2013/04/30

Six années se sont déjà écoulées depuis la parution de Fier Hérétique, le premier album de Monarque. Depuis, le groupe nous a présenté une ré-édition du démo Ad Nauseam dans un format allongé, ainsi qu’un impressionnant nombre de demos, de maxi et de splits. Entre temps, Monarque (la personne) a aussi trouvé suffisamment de temps pour se dévouer à divers autres groupes et projets musicaux : Pestroyer, Carrion Wraith, Sui Caedere et Blackwind, entre autres. Le moins que l’on puisse dire est que Monarque est très prolifique, étant le Shatraug (Horna, Behexen, Mortualia, Sargeist, etc) du Québec.

Lys Noir, le nouvel album de Monarque, est à la fois un jalon important pour la discographie du groupe et pour le catalogue de Sepulchral Productions. La fière étiquette black metal du Québec est connue pour ses sorties de qualité et cette 33e parution ne fait pas exception.

Cette galette de « métal noir » (en référence aux textes en français et à l’identité québécoise) transpire le langage d’un album. Alors que les nombreux demos et splits de Monarque varient grandement au niveau de la production et du genre, une constante que nous relevons au niveau des albums complets est le raffinement du son et l’homogénéité d’ensemble. Lys Noir nous présente un métal noir orthodoxe, les airs étant soutenus, abrasifs et agressifs.

L’album comporte aussi une importante saveur ambiante, qui se traduit à travers l’incorporation d’instruments divers, ainsi qu’à travers les arrangements musicaux. Dès la narration (extrait de film) au début de l’album, et à travers les différents bruitages, courts passages de guitares ‘clean’ et claviers/orgues, nous nous retrouvons au cœur d’une tempête de froid, d’horreur ou de mélancolie. Nous dressant le poil sur les bras, ces arrangements devenus la signature de Monarque soutiennent les chansons, plutôt que d’être distincts ou autonomes, et procurent un équilibre parfait pour envelopper Lys Noir d’un voile ambiant noir tout en conservant son genre orthodoxe; par exemple, sur les chansons « L’Appel de la nuit », « La quintessence du mal », « Solitude », ou « Comme des vers ».

Lys Noir possède éminemment un grand focus. Cet album de 38 minutes est relativement facile à absorber et vous donnera envie d’y revenir. Les chansons sont de durée moyenne, leur structure renvoyant parfois l’impression d’être écourtées, comme si elles avaient encore un peu de venin à cracher; en revanche, cette ‘retenue’ donne une dynamique intéressante qui permet aux chansons de s’enchaîner sans se fatiguer l’oreille. Cette énergie est d’ailleurs favorisée grâce à la production bien ficelée et à la compétence des musiciens; sur cette note, soulignons le travail de Bardunor (Csejthe, Hiverna, Crépuscule, etc) à la batterie et d’Atheos (Pestroyer, Délétère) à la guitare.

Comme si l’album n’était pas déjà excellent, Monarque a choisi de donner à Lys Noir un plus grand dynamisme en y ajoutant une pincée de variété supplémentaire. Tranchant harmonieusement avec le reste se trouvent « Vigor Mortis », une chanson à la rythmique plus ‘punk’ (au sens où Darkthrone l’emploie) ainsi qu’une reprise de Frozen Shadows. Selon mon opinion, la seconde n’était pas nécessaire pour faire de Lys Noir un bon album, mais y contribue néanmoins par son choix et son excellente interprétation.

Bien que l’on puisse retenir certaines chansons en particulier, Lys Noir coule d’un bout à l’autre avec grande aisance, étant à ce niveau plus près de Fier Hérétique que d’Ad Nauseam. Tel que mentionné plus tôt, cette grande qualité est amenée par divers éléments ambiants, une excellente dynamique et une production juste. Il n’y a pas de refrains accrocheurs ici et les harmonies de guitare, quoique bien présentes, sont cachées derrière un rideau crasseux d’instruments rythmiques. En gros, on nous sert plutôt un grand élan, qui s’affirme et qui balaie comme la Grande Faucheuse.

Monarque déçoit rarement et Lys Noir le prouve une fois de plus. Le nom est largement respecté sur la scène métal noir du Québec comme à l’étranger et le présent album devrait solidifier sans difficulté cette réputation.

Digne de mention, la pochette est signée par l’artiste français Maxime Taccardi. De sang et d’encre, l’art de Taccardi s’exhibe comme une plaie ouverte. On y sent la douleur, le cri et l’horreur sous-jacente. C’est sale et infecté, ça pique et ça démange de haut en bas. On ne s’habitue pas, on y revient; Taccardi conçoit de très belles œuvres qui sont captivantes pour les yeux et l’esprit et qui sont très évocatrices, comme pour Lys Noir. Je terminerai cette critique d’album en soulignant l’excellente collaboration entre ces deux artistes, Monarque et Taccardi, qui sont à la fois inspirés, noyés de noirceur et très expressifs.

Ce message est également disponible en : Anglais



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