Condensé musical : Kolony, Laugh at the Fakes et Skymir

Kolony - Sledge

Sledge est le nouvel album de Kolony, un groupe dont j’ai de la difficulté à catégoriser. Provenant de Montréal, la formation metal possède une variété d’influences allant du prog au rock, et de l’alternatif au power metal. Les voix sont essentiellement claires (et très bonnes), me rappelant des groupes alternatifs comme Candiria ou Avenged Sevenfold, tandis que la musique a les deux pieds ancrés dans le metal. En d’autres mots, il s’agit d’un mélange original de genres. Il y a ces chansons plus techniques qui me rappellent vaguement Dream Theatre, comme “Monopoly” (avec son intro à la Devin Townsend) ou l’excellente “Escape”; celles avec des airs de guitares de metal américain comme “Modern Hero” et “Escape”; les pièces où le power metal et le prog sont mis de l’avant comme “Anthem” et “Road”; ainsi que les morceaux plus commerciaux qui ne sont pas sans rappeler les derniers albums de Metallica comme “The Trial” ou la ballade “I Don’t Care”. Dans l’ensemble, toutes ces influences se marient remarquablement bien à travers chacune des chansons et la production permet de les ficeler parfaitement. Jeff Fortin, dont les productions ont été une des signatures les plus marquantes du Grand Montréal à la fin des années 2000, est responsable de l’accent commercial donné au son de Sledge. Malgré cette production accessible, cela m’a pris plusieurs écoutes avant de pouvoir apprécier toutes les saveurs de cet album; pelant ses couches les unes après les autres, jusqu’à réaliser à quel point Sledge est un album monstre. En conclusion, Kolony est un groupe très talentueux qui amène sa propre concoction de metal à la table, définissant sa propre voie et se distançant du même fait du reste de la scène metal de la province.

http://kolony.bandcamp.com/

Laugh at the Fakes - Dethrone the Crown

Faisant suite à un maxi sorti en 2011, Dethrone the Crown annonce le retour de Laugh at the Fakes et la démonstration de son potentiel. Balançant rock et metal de façon égale, le groupe pourrait être comparé dans son approche à Five Finger Death Punch ou à Avenged Sevenfold, mais non pas sans rappeler Billy Talent (“Cut to the Chase”), Megadeth et une certaine gamme de hard rock (“And I”) et de groupes heavy metal commerciaux. La musique est relativement rock avec un son très pesant et des voix claires. Une chose que j’aime à propos de Laugh at the Fakes est son habileté à injecter des parties thrash metal dans ses chansons, par exemple toute la seconde moitié de “Death Awaits” qui aurait de quoi rendre Death Angel jaloux… En d’autres mots, le groupe de Toronto connait très bien ses classiques du metal et réussit avec grand succès à intégrer ces influences à une forte dose de rock. Il y a d’autres influences plus subtiles ici et là, par exemple les éléments plus progressifs de la brillante “Fighting Dirty”, l’une de mes pièces préférées; en plus de présenter des moments très accrocheurs comme la section de guitares lead et le refrain dans “Got No Regretes”. Produit par Greg Dawson et masterisé par Andy VanDette (Rush, Dream Theatre, Bruce Dickinson, Deep Purple), Dethrone the Crown a cette géante production professionnelle qui repousse les barrières et suggère que LATF a les bases nécessaires pour se produire dans des arénas ou autres immenses scènes. Il s’agit là d’un album à considérer sérieusement.

http://laughatthefakes.bandcamp.com/

Skymir - Deathrow Hoedown EP

Deathrow Hoedown est le troisième chapitre dans la discographie de Skymir, un groupe death metal de Calgary aux influences folk-viking et avec un gros sens de l’humour. De la pochette comique aux titres des chansons dans leur discographie, en passant par les photos de groupe que l’on peut trouver sur le web, il y a un grand nombre de distractions versus la qualité de la musique que nous offre le groupe. Deathrow Hoedown est constitué de 6 chansons et d’un outro, pour un total d’environ une demi-heure de divertissement. L’album débute avec “The Duelist”, un parfait hors d’oeuvre death metal qui met la table : de bons grooves créés par un assemblable compacte de guitares, basse et batterie, renforcé par des éléments de claviers bien originaux et une voix death metal commune. La pièce titre “Deathrow Hoedown” se démarque avec son jeu de guitares et sa batterie rapides, ainsi que par son passage post-refrain très ‘cirque’ qui rappelle Unexpect. On nous sert ensuite une mélodie metal à la Children of Bodom, avant que la pièce ne revienne aux parties du début de la chanson (avec de l’accordéon!). Le reste du maxi est similaire, alternant entre les grooves death metal suédois, des mélodies et quelques surprises, dont un coq à la fin de “Cut the Dust”, ma pièce préférée sur l’album. Quant à la production, elle est typique d’un maxi : on y entend chacun des instruments (exception faite de la basse qui ne semble qu’une couche sourde dans les bas fonds du mix), et on sent la direction musicale adoptée par le groupe. Toutefois, peut-être alors que le groupe essayait d’imiter le grain du son death metal suédois, le son des guitares paraît un peu mince à mon goût, me rappelant davantage le groupe power metal Nocturnal Rites à la fin des années 1990 (en particulier sur la pièce “Hung, Drawn and Quartered”). Si Skymir devait ensuite enregistrer un album complet, une meilleure production pourrait mettre en valeur toutes les subtilités de sa musique haute en couleurs. Le maxi est disponible pour le prix que vous voulez  sur la page Bandcamp du groupe en suivant ce lien :

http://skymir.bandcamp.com/

 

 

Ce message est également disponible en : Anglais



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