Condensé musical : Sabbatory, Zaum et The Rough Boys

Sabbatory - Endless Asphyxiating Gloom

Il y a quelque chose d’excessivement old school et d’extrêmement intéressant en provenance de Winnipeg ces dernières années, en partie grâce aux groupes Untimely Demise, Besieged, Electro Quarterstaff, Laika, Waster et le génial Psychotic Gardening qui, de paire avec l’ovni musical nommé KENmode, contribuent à faire rayonner la scène metal Winnipegoise. Un des derniers venus est sans doute Sabbatory, qui s’est affairé rapidement et avec grande violence à faire le pont entre le death et le thrash metal, exhumant du même fait les influences classiques des années 1990. Avec leur premier album Endless Asphyxiating Gloom, le groupe offre tout un retour dans le temps. De la pochette à la musique, nous pouvons entendre l’influence authentique de groupes comme Morgoth (en particulier les deux premiers maxis), ou encore les débuts de Pestilence — surtout en spectacle puisque la voix de Kier, chanteur de Sabbatory, tend à être quelque peu différente de sa peformance sur album. Enregistré sans prétention comme demo, l’enregistrement d’Endless Asphyxiating Gloom s’est avéré si bon que, comme m’expliquait le batteur Dan Earle Ryckman, il a été décidé d’en faire un album qui a été repêché par Unspeakable Axe Records, une étiquette de Dark Descent Records. La production est relativement old school et peu modifiée, contribuant à nous dévoiler cette qualité d’enregistrement organique propre au thrash et aux premières années du death metal. Quant à l’album lui-même, il serait difficile d’identifier une pièce phare, la constance compensant le manque de variété. Voyez pour vous-même, et achetez cet album les yeux fermés :

http://unspeakableaxerecords.bandcamp.com/album/endless-asphyxiating-gloom

Zaum - Oracles

Soyons honnêtes, nous n’entendons pas souvent parler de la scène metal de Moncton. La pochette de l’album Oracles du groupe Zaum me renvoit exactement l’image qui me vient en tête quand on me parle d’un groupe en provenance de la plus grande ville du Nouveau-Brunswick : quelque chose à saveur exotique. Le nouveau duo, qui inclut Kyle Alexander Macdonald du monstre à trois basses Shevil, ainsi que Christopher Lewis du groupe stoner Iron Giant, amène une bouffée d’air frais dans le paysage metal canadien. Se décrivant eux-mêmes comme une formation doom-mantra de type Moyen-Orient, nous discernons immédiatement les influences des États-Uniens Om, ou encore des Britanniques Bong… En d’autres mots, psychédélique. Tout en conservant ses distances de la musique expérimentale, Zaum écrit la leur comme le fait le funeral doom, c’est-à-dire en utilisant une structure doom (stoner-doom dans le cas présent) et en la ralentissant autant que possible, jusqu’au bord de l’effondrement. En conséquence, Oracles se traduit par 4 longues chansons, allant de 8 à 14 minutes chacune. Bien qu’il n’y ait que deux musiciens (un bassiste et un batteur), l’album se construit à travers une pléthore de textures qui comprend sitar, chants et synthétiseur, colorant chaque pièce d’une ambiance mystique. Alors que la première chanson “Zealot” pourrait presque être décrite comme un morceau stoner-doom ultra lent, la pièce suivante, “Red Sea”, s’habille d’un grand manteau cinématographique, avec plus de 4 minutes d’intro et des voix parlées. Une des caractéristiques propres à cet album et dont j’ai particulièrement raffolé est l’immensité du paysage mental qu’il évoque, ainsi que l’individualité de chaque pièce. Ma préférée est la troisième, “Peasant of Parthia”, une chanson un peu ‘plus vite’ et un peu plus simple, dont l’air principal et les textures me collent à la tête à chaque écoute de l’album. Oracles se termine avec “Omen”, chanson épique dont la puissance réside dans sa routine de batterie très carrée et bien assise sur le tempo; un choix à la fois minimaliste et brillant qui ancre l’air principal dans la chaussée et lui donne un infatigable air d’aller. L’odyssée de Zaum l’a amené récemment en tournée au Canada et en Europe, prouvant ainsi que Moncton détient des exportations metal fort crédibles et que nous devrions y tendre l’oreille un peu plus.

http://zaum.bandcamp.com/

The Rough Boys - Blood Booze and Gasoline

Voici un autre groupe qui m’a frappé alors que je ne m’y attendais pas. Formé à Toronto, ville canadienne où le thrash metal est sans doute le plus actif, The Rough Boys ont récemment fait paraître leur troisième maxi, Blood, Booze and Gasoline. Rien qu’à en juger par le nom, vous pourriez deviner qu’il s’agit là d’un thème à la Motörhead et vous n’auriez pas tout à fait tort. Un rock and roll sale et amplifié qui flirte avec des airs crust et proto-metal, Blood, Booze and Gasoline est un rapide et explosif coup direct au visage. Le maxi contient quatre chansons qui varient entre 2 min 30 et 4 min, toutes plus ou moins de la même consistance, et qui tour à tour mettent en valeur chacun des instruments. Avec une voix rauque de type hardcore et un son de basse Rickenbacker, avec une batterie riche en pédale double et avec un jeu de guitares qui ne dérougit pas, le trio a quelque chose de très intéressant pour le moins qu’on puisse dire; quelque chose qui justifie à lui seul d’écouter cet album en boucles sans se lasser. Chaque pièce est bonne (mes favorites étant “Before The Devil Knows I’m Dead” et “Hogtown”) et le maxi est habillé d’une très jolie pochette cartonnée (style digipack) s’ouvrant en porte-feuille et conçue par Clown Baby. Situé sur la limite entre le punk et le metal avec ses concitoyens torontois Burning Love et Breadfan, le maxi Blood, Booze et Gasoline de The Rough Boys a toutes les chances de devenir un coup de cœur instantané pour les amateurs de rock and roll sale, de punk très blues et de heavy metal.

http://theroughboys1.bandcamp.com/

Ce message est également disponible en : Anglais



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