Condensé musical : Ironstorm, Accursed Spawn et Rage Nucléaire

Ironstorm - Wrathwind

Ironstorm est un nouveau groupe power-thrash d’Edmonton avec une femme au chant. Ce quintuor (deux guitares, une basse, une batterie et une chanteuse) comprend des membres de la formation pagan-folk Mongol, du groupe death metal Eye of Horus, et du groupe heavy-doom Gatekeeper. Avec ces différents horizons mis en commun, nous ne pouvons qu’espérer une sacrée leçon de metal.

Wrathwind est le premier maxi du groupe et se compose de cinq chansons et d’une pièce en spectacle, pour un total de 32 minutes. Dès la première minute, alors que “Take the Wheel” nous explose au visage et crée cet engouement pour le power metal, nous comprenons qu’Ironstorm se prononce en faveur du heavy metal pur. La cadence est rapide, les guitares aussi, et les voix sont remarquables. Le groupe sait exactement ce qui doit se retrouver sur un album metal et il livre la marchandise. Vous n’avez qu’à écouter l’excellente pièce “Revenant”, avec son attaque de guitares aussi agressive qu’accrocheuse, qui fera rougir de jalousie tout imitateur d’Anvil et de Judas Priest.

De l’autre côté de la médaille, Wrathwind est comme un souper improvisé: les bons ingrédients ne se mélangent pas toujours avec succès. Le jeu des guitares sonne parfois aussi bien que du Iron Maiden sans la basse galopante. Sur la chanson “Dreamons”, par exemple, nous ne trouvons que quelques notes mélodiques de basse rock, sous une épaisse couche de guitare speed metal. De plus, alors que nous pouvons distinguer chacun des instruments, cette balance athlétique a pour effet de les éparpiller: les guitares rasoir se trouvent au rez-de chaussée, la basse molle est quelques étages en dessous et la voix est perchée tout au sommet. Ne me méprenez pas, ce maxi est bien exécuté sur le plan musical, mais il manque sérieusement quelque chose à la prise de son, avec pour résultat que Wrathwind sonne davantage comme un demo masterisé par un professionnel (Andy Larocque) qu’un solide premier disque.

Pour résumer ma pensée, ce maxi est d’un format idéal pour démontrer le talent et le potentiel de cette nouvelle entité. Advenant qu’Ironstorm accepte de travailler avec un producteur professionnel dès les premières étapes d’une prochaine pré-production, je suis convaincu que le groupe réussirait à nous convaincre qu’il est réellement une tempête de metal, comme son nom le prétend.

À écouter ici: http://ironstorm.bandcamp.com/

Accursed Spawn - Putrid mmic

En se déplaçant du côté d’Ottawa, où les groupes de technique et de death metal sont rois, nous tombons nez à nez avec le nouveau maxi d’Accursed Spawn, qui a été lancé en catimini alors que le groupe ouvrait pour Thy Art is Murder il y a quelques semaines (un vrai lancement est prévu plus tard cet automne). Putrid est le nom à retenir et il porte ce titre avec brutalité.

Le maxi débute avec une courte introduction à la guitare classique, un clin d’œil aux albums death metal classiques des années 1990. La batterie embarque peu après et nous goûtons à l’assaut Accursed Spawn. “Sedate to Mutilate” est une violente première chanson remplie de technique, de vitesse, de guitare hurlante et d’une riche dose de brassage de tête (particulièrement à 1min17). Comme un char d’assaut qui traverse un village, les structures ne sont jamais ennuyantes ou répétitives avec Accursed Spawn. Sur “Clotheshanger Abortion”, nous retrouvons certes quelques airs cocaïnés qui ne sont pas sans rappeler Cannibal Corpse et qui reviennent comme une série de refrains instrumentals, mais leur réelle fonction est de coller les différentes parties de la chanson ensemble. Il y a des éléments bons à s’en lécher les doigts, comme les solos de guitare à la Slayer (“Clotheshanger Abortion”) et à la Carcass (“My Fist”), ou encore la batterie de Jay Cross sur “Burned into Sterility”, qui semble être candidat au plus rapide blastbeat de 2014. La production de Putrid est charnelle et monstrueuse à la fois, comme une série de cadavres élevés avec soins dans le but de les lancer à la conquête de l’enfer. La batterie sonne comme un cuir aussi dur que la peau noircie par la mort, les guitares sont aussi grouillantes qu’un trou de balle de deux jours et les voix sont aussi horribles que le souvenir indélébile d’une scène de meurtre. Le tout est un tantinet étouffé, donnant cette jolie teinte underground. Ma chanson préférée sur ce maxi demeure “Burned into Sterility”, avec sa structure bicéphale et sa fin plus atmosphérique à la Gojira.

Putrid est sans aucun doute le plus grand accomplissement d’Accursed Spawn à ce jour, et il fait étal de ce qui compose un bon album de death metal: un son brutal, une balance entre les airs qui donnent envie de se brasser la tête et ceux qui dévoilent la technique, ainsi qu’une riche dose de surprises bien pensées pour garder l’album frais et intéressant. J’espère seulement qu’Accursed Spawn ne surfera pas sur ce maxi trop longtemps et qu’il enregistrera davantage de ce bon matériel.

À écouter par ici: http://accursedspawn.bandcamp.com/

Rage Nucleaire - Black Storm of Violence

Peut-être l’une des gemmes obscures les mieux gardées sur la scène montréalaise, Rage Nucléaire est assurément mieux connu pour ses membres, dont nul autre que le fameux Lord Worm (anciennement de Cryptopsy) à la voix et Fredrik Widigs (qui a joué pour Marduk) à la batterie. Le 22 juin dernier, le groupe a lancé son second album, Black Storm of Violence, un titre très approprié. Un mélange de black et de death metal avec une production de type black metal suédois, cette musique de Rage Nucléaire est à la fois frigide et désincarnée, rapide et mécanique. La batterie parfaitement exécutée, qui balance des blast beats et une rapide double caisse sur la majorité des morceaux, mène la barque. Les guitares sont aussi constantes que le diable : elles déchiquètent rapidement et sans mercie, épousant la batterie dans un tango presque industriel. La voix de Lord Worm est plus étrange et inhumaine que jamais, créant une atmosphère parfaitement démoniaque pour couronner ce genre de musique.

Conçu avec très peu de variations de tempo, la musique de Rage Nucléaire est faite pour créer un impact immédiat dans l’esprit de l’auditeur et lui laisser cette impression jusqu’à la fin de l’album. Le coup dévastateur peut toutefois en saturer plus d’un et ce, très rapidement, mais il s’agit là de ce à quoi adhère ce genre de groupe black metal: une approche extrême et sans compromis. La seule façon de survivre à l’assaut incessant est à travers la variété d’accords et la balance entre airs sauvages et mélodiques, qui justifient l’écoute complète de cet album. Si Dark Funeral, N.K.V.D et Anaal Nathrakh sont votre tasse de thé, buvez une grande tasse par ici:

http://ragenucleaire.bandcamp.com/album/black-storm-of-violence .

Ce message est également disponible en : Anglais



No Response

Laisser un commentaire


Pas de commentaire..

Laisser un commentaire

*